Déconstruire les injonctions pour révéler qui vous êtes vraiment: sortir des “il faut” pour entrer dans le “je suis”.
Les « il faut », ces voix que l’on n’a jamais choisies:
« Il faut être plus mince. »
« Je dois faire plus sérieuse. »
« À mon âge, je ne peux plus porter ça. »
« Pour être crédible, je devrais… »
Ces phrases, nous les connaissons toutes. Elles s’invitent dans nos pensées, nos choix vestimentaires, notre posture, notre manière de nous montrer au monde. Et pourtant, elles ne viennent pas de nous.
Elles sont le fruit d’injonctions sociales et normatives profondément ancrées : des modèles de réussite, de féminité, de respectabilité, de beauté, de performance… transmis par la société, l’éducation, les médias, parfois même par amour ou par protection.
Le problème n’est pas qu’elles existent. Le problème, c’est quand elles deviennent des règles intérieures, au point de nous éloigner de nous-mêmes.
- Quand l’injonction remplace l’identité :
À force de « devoir être », on finit par ne plus savoir qui l’on est. Beaucoup de femmes arrivent à un moment de leur vie — souvent autour de la trentaine, de la quarantaine, ou lors d’un changement personnel ou professionnel — où quelque chose coince.
Elles ont « tout bien fait », mais ne se reconnaissent plus dans leur image. Ce malaise n’est pas superficiel. Il est psychologique, émotionnel, identitaire.
Car la révélation de soi ne naît jamais de la contrainte.
On ne se découvre pas dans le « il faut ». On ne s’épanouit pas dans le « je dois ». L’injonction fabrique de l’adaptation. Pas de l’alignement.
- Se révéler, ce n’est pas se conformer :
Contrairement à ce que l’on croit, travailler son image ne consiste pas à « rentrer dans un moule » ou à cocher des cases.
Ce n’est pas devenir plus acceptable. Ni plus lisse. Ni plus conforme.
Se révéler, c’est faire un chemin inverse : partir de soi, de son histoire, de ses valeurs, de ses contradictions, de ses élans. C’est accepter que l’on soit plurielle. Que l’on puisse être à la fois douce et puissante. Structurée et intuitive. Féminine sans être stéréotypée. Libre sans être provocante.
Et surtout : qu’il n’existe pas une seule bonne façon d’être soi.
- Quelles alternatives aux injonctions ?
Sortir des normes ne veut pas dire tout rejeter. Cela veut dire choisir consciemment. Voici quelques pistes pour remplacer les « il faut » par autre chose :
- Se demander : « D’où vient cette croyance ? Est-ce vraiment la mienne ? »
- Observer son corps et ses émotions plutôt que chercher à les corriger
- Remplacer le regard extérieur par une écoute intérieure
- Explorer au lieu de juger
- S’autoriser à évoluer, à changer, à ne plus correspondre à ce que l’on était
C’est un processus. Pas une recette.
- Le conseil en image comme espace de liberté (et non de normes):
Dans cette perspective, le conseil en image prend une toute autre dimension. Il ne s’agit pas d’apprendre à « bien s’habiller » selon des règles figées. Il s’agit d’utiliser l’image comme outil de connaissance de soi, de réconciliation, d’expression.
Un accompagnement en conseil en image, lorsqu’il est respectueux et conscient, peut devenir :
- un espace sécurisé pour questionner ses croyances
- un miroir bienveillant, sans jugement
- un moyen de traduire intérieurement qui l’on est, extérieurement
- un levier puissant pour se sentir alignée, légitime, libre
L’image ne devient plus une armure. Elle devient un langage. Et si la vraie question n’était pas « comment je dois être », mais « qui ai-je envie d’être aujourd’hui ? ».
Se libérer des injonctions, ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre. C’est oser revenir à soi.
Avec douceur.
Avec curiosité.
Avec respect.
Et parfois, avec l’aide d’un regard extérieur professionnel, non pas pour vous transformer, mais pour vous révéler.